Progamme d'Ambierle, Village du LIvre
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Lors de différentes rencontres, échanges et rendez-vous on me pose souvent la même question : y-a-t'il un label "Village du Livre"?
Eh, bien non, pas à ma connaissance. Il y a bien un label pour les "Villes Lecture", celles-ci sont fédérées autour du projet de Jean Foucambert fondateur de l'Association Française de la Lecture. Le label "Ville Lecture" désigne les municipalités mettant en oeuvre des actions concertées afin de promouvoir les conditions du développement de la lecture et de l'écriture. Elles adhèrent à une Charte.
Les villages du livre, répertoriés comme tel, sont jusqu'à présent des lieux où se concentrent des boutiques du livre, en majorité des bouquinistes et quelques artisans du livre. Le concept est ancien et mérite sans doute un rafraîchissement. Chaque village a ses spécificités : taille, environnement, situation, patrimoine... mais surtout, il est façonné par ceux qui l'animent et lui donnent sa dynamique.
Pour moi, un Village du Livre est un lieu où on se préoccupe plus qu'ailleurs de rendre le livre, la lecture, l'écriture très présents; un lieu où l'on s'efforce de mettre en avant tous les acteurs de la chaîne du livre, de l'auteur au lecteur en passant, bien-sûr par l'imprimeur, le relieur, l'éditeur... jusqu'au libraire.
C'est en tous cas le chemin qu'a choisi le Village du Livre d'Ambierle.
On y multiplie les initiatives, les projets, les animations. Plus qu'un élan économique, c'est surtout le développement touristique et culturel qui est visé, mais le commerce du livre n'en dépend-il pas?
L'ensemble de nos actions fait connaître l'initiative à des publics variés; cela va du bibliophile en recherche de trésor au lecteur boulimique de polars, en passant par les auteurs, les enseignants, la jeunesse, les amateurs de beaux livres et d'expositions d'artistes, les accrocs de la reliure, les fans de dorure...
Nos activités contribuent à asseoir la réputation d'Ambierle.
Au programme Marchés du Livre et Salons mensuels, cafés littéraires et autres rencontres, venues d'auteurs, auteurs et artistes en résidence, débats et conférences, borne passe-BD, ateliers en tous genres : reliure, dorure, calligraphie, fabrication de papeterie... et je ne vous parle pas de tous les projets encore dans les cartons!
Bref, un Village du Livre, pour moi, c'est un village qui met le livre au centre de ses préoccupations!
Vos contributions à cette définition d'un "Village du Livre" nous intéressent; il faudra bien un jour qu'on se fédère!?
Villes Lecture : Sous l'égide du pédagogue Jean-Foucambert qui a fondé l'AFL
le site de l'AFL
Charte "Ville Lecture"
C’est Christian Chavassieux qui a ouvert le feu sur son blog http://kronix.hautetfort.com/archive/2007/12/01/livrel-reader-le-point-sur-l-avenir.html
Avec le texte repris ici avec son autorisation :
Le mercredi 28 novembre, à la
médiathèque de Roanne, devant une petite assemblée qui ne comptait ni libraire
(sauf ma copine), ni imprimeur, ni éditeur, ni directeur de journal, ni graphiste,
ni aucun professionnel des métiers du livre, le prospectiviste Lorenzo Soccavo
a donné les clés de la révolution qui nous attend : celle du livre
électronique.
« Lorenzo Soccavo ne l'a pas dit l'autre soir, en conclusion de sa
conférence, mais on l'a tous pensé très fort : « ne nous racontons pas
d'histoire, le livre-papier, c'est fini ». Retardé d'année en année pour cause
de coût et des multiples résistances des industries traditionnelles en place,
le livre électronique arrivera tôt ou tard, et remplacera, à quelques
exceptions près, le livre-papier. Que cette révolution prenne trois ou dix ans,
autant dire que nous y sommes. Il existera toujours de beaux livres imprimés,
comme il y a toujours des disques produits en vinyle, mais l'ère de la chaîne graphique
est bel et bien en passe de s'achever.
On peut crier, se lamenter, renâcler, trouver toutes les bonnes et
belles raisons qui font qu'un livre est un objet sans équivalent, n'empêche, la
prochaine génération n'en verra probablement plus que dans les réserves
protégées de musées et de médiathèques, et chez quelques particuliers amateurs.
Le ton que j'emploie pourrait vous laisser croire que je me réjouis, mais tel
n'est pas le cas : j'ai été graphiste, illustrateur, j'écris, je lis, j'ai
travaillé dans le milieu de l'imprimerie, j'achète quand je peux des éditions
anciennes. J'aime le livre, je suis sensible à sa beauté, à son toucher, à tout
ce qui en fait un objet de culture différent et unique. Mais je refuse de me
voiler la face. Le livre-papier, à 95 %, est condamné.
Il en fut ainsi quand le papyrus remplaça la tablette d'argile, quand
l'écrit passa de la forme rouleau à la forme codex, quand l'imprimé chassa le
manuscrit, il en a toujours été ainsi. La seule inconnue, c'est la vitesse de
la révolution. Mieux on y sera préparé, mieux cela vaudra.
D'abord, quelle est cette révolution ? Pas seulement la transmission de
l'écrit via l'ordinateur, mais un support nouveau : le papier électronique, sur
quoi le texte n'est pas un scintillement de pixels, mais bel et bien une encre,
l'encre électronique. C'est le premier point. La page que vous lirez s'affiche
sans rétro-éclairage, elle est blanche, le texte est d'un beau noir stable.
S'il n'y avait pas la vitre de protection, on pourrait croire à un papier glacé,
d'épaisseur normale (le premier artiste sur papier électronique a exposé il y a
peu à Paris : sans vitre de protection, les dessins ressemblent à des lavis
d'encre de chine sur papier). La feuille de papier électronique est d'ailleurs,
dans l'appareil, ce qui coûte le plus cher, le reste est d'une technologie
équivalente à une bonne calculatrice. Le coût d'un reader oscille de 300 à 600
euros. On peut charger, par un port USB ou grâce à une connexion wifi,
l'équivalent de plusieurs centaines de livres (du format d'un livre de poche,
un reader pèse 150 grammes environ). Encore en noir et blanc, l'encre
électronique en couleurs existe à l'état de prototype, mais c'est évidemment
une question de mois avant sa mise sur le marché.
Les premiers média en lice sont les journaux, qui ont déjà entrepris le
virage informatique. Avec un abonnement, vous aurez la dernière édition sur
l'appareil, enrichie de toutes les possibilités de liens, hypertextes, vidéo,
sons, qu'offre l'hybridation technologique papier électronique/web. Les guides
touristiques suivront logiquement (Le GPS reconnaît votre position, vous
signale immédiatement, à la page que vous ouvrez, le restaurant du coin, l'expo
à voir, vous enseigne sur l'historique du monument devant lequel vous vous trouvez,
etc.), ainsi que tous les dictionnaires, pavés genre « code civil », plus
pratiques sous cette forme évidemment, etc. Idem pour toute la littérature
"documentaire" : thèses, mémoires, synthèses de colloques, essais,
etc. quel est l'intérêt de les imprimer sur papier ?
Les publicitaires avertis, je suppose, de la révolution en cours,
doivent se frotter les mains : les affiches dans les sucettes D... pourront se
mettre à jour toutes seules, changer en cours de journée. Les affichages de
prix dans les magasins se modifieront automatiquement.
Le cartable électronique va enfin trouver son véritable médium. Les
éditeurs scolaires sont, j'espère, au fait des dernières technologies. Ils
seront parmi les premiers touchés.
La littérature. Ah. La littérature. Que va-t-elle devenir ? Que vont
faire les éditeurs ? Comment livrer au téléchargement sans se faire pirater,
les ouvrages sortis ? La question se pose déjà via le net, et concerne surtout
les best-sellers, comme pour la musique. Mais le e-book va accélérer le
phénomène.
Dans un premier temps, les libraires vendront des livres électroniques
avec -pourquoi pas ?- un catalogue de classiques déjà disponibles. Mais
ensuite, comment éviter que la spécificité de ce matériel, mi-informatique,
mi-culturel, échappe aux rayons informatiques des grandes surfaces ? Quid du
prix unique pratiqué en France, quid des taxes différentes, relativement au
support et au contenu ? Quelle protection est-elle envisageable pour les
métiers du livre, dans un contexte européen ? Mondial ? (en Chine, les
librairies électroniques sont déjà nombreuses).
Le livre électronique conforte la distinction entre le médium et le
discours. Pour moi, un livre est autant un objet qu'un texte. Un texte
passionnant sur le net, n'a pas le poids du même sur papier, sans jouer sur les
mots. Oui, il y a des cas où le contenant donne une force au contenu. Le
journal de Renaud Camus, pavé annuel très attendu, aurait-il la même aura en
édition électronique ?
En tant qu'écrivain inéditable (je pouffe), je sais que je peux vendre
en ligne une version pdf de mon travail. En vendre peut-être davantage qu'en
version papier, mais je sais que mes romans ne se liront pas de la même façon,
imprimés sur un beau papier ou sortis d'une imprimante laser. J'ai longtemps
considéré que l'essentiel était de dire, peu importe le moyen. Mais
l'expression gagne une force par la technique la plus propre à la magnifier.
Mais mes réticences sont celles d'une génération qui a grandi avec le
livre, avec le romantisme du livre, et même, osons le dire, sous l'ombre
tutélaire du Livre.
La génération suivante s'accommodera sans sourciller d'une manipulation
légère, pratique, et de l'absence de rayons de bibliothèque à la maison. Tout
de même, un angle sous lequel on peut se réjouir : l'éco-bilan du papier
électronique, tout plastique qu'il soit, est nettement en sa faveur.
L'industrie du papier, la chimie des encres, sans parler de l'abattage des
arbres (aspect ressassé mais pourtant négligeable : 4% du papier utilisé l'est
pour imprimer des livres. Le reste, c'est de l'emballage), sont un désastre
pour l'environnement.
Quant au coût humain, social et
industriel, certains secteurs vont souffrir dans la décennie qui vient. Un
cataclysme ? C'est possible. En tout cas, une industrie sinistrée comme le fut
celle des mines ou la sidérurgie. Que faire, à part se préparer ? Ce qui est
inquiétant, c'est qu'on a entendu aucun politique se formuler à ce sujet. La
politique de l'autruche ? »
Vous êtes allés jusqu’au
bout ? si oui vous êtes mûrs pour le livre sur écran ?
Voici ma
réaction :
Christian,
je ne partage pas ton point de vue, non pas que je sois rétrograde ou trop
amoureux des livres et de ceux qui les font, non pas que je ne crois pas à l'évolution
technologique annoncée. Moi qui ai vu naître la télévision, installé dans les
écoles les premiers micro, marché sur le net; chaque fois qu'arrivait un
nouveau support de culture on annonçait la disparition du livre, des magazines,
la mort de la lecture... et pourtant j'ai vu progresser au contraire le nombre
de lecteurs, le nombre d'enfants attirés par une production abondante,
diversifiée, de toutes qualités... il n'est qu'à voir dans le Maisons de la Presse
les milliers de titres de magazines sur tous les sujets alors que, soit disant,
on trouve tout sur le net, il n'est qu'à voir le nombre de romans publiés, et
que dire des BD, des mangas... C'est pire encore avec la littérature jeunesse,
les chiffres de vente sont énormes et dépassent largement les prévisions qu'on
aurait pu attendre à l'avènement de la télé. Je me souviens qu'elle était montrée
du doigt par les enseignants, elle allait tuer le livre. J'ai vu tout le
contraire! merci à toutes ses inventions: elles ont je crois participé au foisonnement
de l'écrit, elles se sont mises au service d'un renouvellement de la production
sans cesse plus inventive. Le livre a de beaux jours devant lui, heureusement.
Je reconnais bien là ton regard de science-fictionneux. Qu'annonçait-t-on
pour l'an 2000? des voitures volantes, des chemins de fer du ciel, des villes
flottantes, des cités dans l'espace, sous la mer... on avait tout faux comme
ont faux ceux qui croient nous livrer au virtuel. Laissons à la science-fiction
la science-fiction.
Et
vous ? quel est votre avis sur la question ? votre réaction pour
faire avancer le débat est attendue