Angoulême est mort
ANGOULÊME, est mort, vive angoulême!
J'ai toujours beaucoup aimé rôder dans les dédales des chapiteaux du Festival International de la BD d'Angoulême. C'est à Angoulême, en 1981, que je découvre la fabuleuse et désormais historique exposition consacrée à l'univers d'Enki Bilal. C'est de là que vient l'envie de créer, pour le Festival de la Science-Fiction de Roanne, de belles expositions scénographiées.
Au fil des éditions du Salon d'Angoulême vont s'enchaîner
des expositions de plus en plus prestigieuses, de plus en plus grandioses pour
aboutir à ce chef-d'oeuvre; une scénographie aux mains du plus grand : François
Schuiten! Je me souviens de ce parcours incroyable à travers les murs des
"Cités Obscures". Avec Yves Rousseau, ami co-organisateur du Festival
de Roanne, nous sommes sans voix devant l'ampleur de la création à l'oeuvre
dans cette mise en scène. Ce n'est plus du décor, on est plongé, immergé au
coeur des albums de Schuiten, c'est de la démesure! Devant tant d'émotion, nous
renonçons même à tout voir d'un seul coup; on en garde pour le lendemain.
Démesurée l'exposition et donc démesuré le budget, on s'en doute.
Est-ce cela qui a précipité le Festival au bord de la
Charente, hors du centre ville; est-ce cela qui a conduit à paupériser le salon
de la BD avec moins d'innovation, moins de stands, moins de visiteurs, moins de
talent. Ce n'est pas à moi d'y répondre. Le renouveau est peut-être à ce
prix-là? Voyons cela en 2008, mais sans moi.
Aujourd'hui, en 2007, plus de coups de coeur mais des coups de beurk! Plus de folie ! Comment! accorder tant d'argent à la création, à la culture, allons, voyons, il faut dépenser utile! que dirait le contribuable devant tant de débauche. Pour créer des décors alors qu'on peut, à moindre coût, se contenter d'installer quelques écrans plasma plats.
Plat! voilà qui résume bien l'angoulême d'aujourd'hui, plat et mercantile!
Vous l'avez compris! je fus déçu, déçu, déçu..
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